La petite pharmacie de quartier est en train de prendre un sacré coup de vieux. Partout en France, des officines d’un nouveau genre voient le jour. Elles sont grandes, très grandes mêmes, elles proposent des produits à prix réduits et elles sont organisées comme des supermarchés. Certes, il existait déjà des « hard discounters » l’un des pionniers a été la pharmacie Suprapharm de la rue du Four à Paris (VIe).
« Les pharmaciens de quartier ont déjà perdu »
Panier à la main, les clients viennent y faire leurs « provisions » de pansements, lotions en tout genre, compléments alimentaires et autres médicaments contre les petits maux de tête ou de ventre… L’un des promoteurs de ce nouveau système, la société Univers pharmacie revendique 117 pharmacies affiliées à travers la France. Elle en espère 130 de plus d’ici au mois d’avril 2010. Pourquoi un tel succès ? Parce que le monde de la pharmacie est au pied du mur. Déficit de la Sécu oblige, le marché des médicaments remboursés, coeur business des pharmaciens traditionnels, se réduit. En outre, la réglementation évolue en faveur des grandes surfaces de la santé. En juillet 2008, les pharmaciens ont été autorisés à vendre des médicaments devant le comptoir en libre-service. Une aubaine… pour ceux qui avaient assez de place pour jouer le jeu. Alors, ces grandes surfaces ont transformé des médicaments stars tels que le Nurofen ou le Drill en produits d’appels vendus à prix cassés pour attirer le client.
Plus inquiétant encore pour les petites structures, l’an dernier, Michel-Edouard Leclerc a organisé une campagne de publicité pour réclamer le droit de vendre certains médicaments dans ses grandes surfaces. Si ce droit lui est toujours refusé, pour beaucoup, il ne s’agit plus que d’une question de temps. Sous réserve d’anonymat, par peur d’être traîné en justice par ses collègues pharmaciens, un dirigeant de grande officine l’avoue : « Les pharmaciens de quartier ont déjà perdu. Ils ne me font pas de concurrence. Ce que je prépare, moi, c’est le concurrent de demain. Et il s’appelle Leclerc ou Carrefour. » Le consommateur y trouvera peut-être son intérêt. Mais le malade…

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